Photo d'illustration · Charlie fong冯成 / Wikimedia Commons · Domaine public
Cinq mois après la signature tant attendue d'un protocole entre le Niger et les sociétés pétrolières chinoises, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a mis les pieds dans le plat. Lors d'un récent point de presse, il a pointé du doigt les manquements des partenaires chinois, entre autres, dans le rapatriement des recettes pétrolières.
Selon le ministre, la China National Petroleum Corporation (CNPC) n'aurait pas rapatrié environ 3 000 milliards de francs CFA (soit 4,57 milliards d'euros) de recettes issues des exportations de brut au Niger, créant un trou de 17 milliards de francs CFA pour le Trésor public. Un coup dur pour le pays, qui réclame aujourd'hui des comptes.
L'enjeu est ailleurs aussi : la nigérisation du personnel et la stimulation de l'économie locale via la sous-traitance. De ce côté, le silence des sociétés chinoises persiste, aucun plan ou audit n'ayant été reçu, ni même de mouvement sur les recrutements attendus.
Sur le plan industriel, la situation est tout aussi préoccupante avec la raffinerie de Zinder qui ne tourne qu'à 75 % de sa capacité. Dans un contexte de tensions sur l'approvisionnement en carburant, Niamey demande des explications claires et immédiates pour rectifier le tir dans les 45 jours à venir.
Les autorités nigériennes ne ferment pas la porte à la coopération. En fait, elles la laissent entrouverte, mais l'exigence de transparence et de responsabilité est désormais posée sur la table. Pour les sociétés pétrolières chinoises, le défi est de répondre présentes. Un retour en arrière semble désormais impossible.