La ruée vers l'or illégal en Guyane : une menace pour les populations et l'environnement
En Guyane, l'exploitation illégale de l'or atteint des niveaux inquiétants. Ce phénomène exacerbe les défis sécuritaires, sanitaires et environnementaux.
Par Josué Kalala — Le Grand Reporter · 11 octobre 2026 à 22 h 19
Sur une piste à peine traciée à l'orée de la forêt équatoriale guyanaise, des engins lourds se fraient un passage, laissant derrière eux terre retournée et rivières souillées. C’est là, dans l’immensité verte, que se joue une course effrénée pour l'extraction d'un métal précieux devenu encore plus prisé en période de crise économique mondiale.
Le prix de l'or, qui a dépassé les 150 dollars le gramme en début 2026, attire une foule d'orpailleurs illégaux, surnommés "garimpeiros". Plus de 600 sites d'orpaillage clandestin parsèment aujourd'hui le territoire guyanais, selon RFI, une réalité qui impose un lourd tribut aux communautés locales.
Ce commerce illicite, souvent alimenté par des réseaux en provenance du Brésil et du Suriname voisin, pèse lourdement sur la sécurité des habitants. Des zones entières échappent au contrôle des autorités, rendant difficile toute action pour protéger les populations. En parallèle, des problèmes de santé émergent dans les villages proches des sites miniers, en raison de la pollution au mercure et à d'autres substances toxiques utilisées pour extraire l'or.
L'environnement n'est pas en reste. La déforestation massive et les dégâts sur les cours d'eau menacent un écosystème déjà fragile. Les efforts des organismes environnementaux pour préserver la riche biodiversité de la Guyane semblent dérisoires face à l'ampleur du phénomène.
Aujourd'hui, les pouvoirs publics sont confrontés à une tâche herculéenne : endiguer cette ruée vers l'or tout en préservant la sécurité et la santé des populations, et en protégeant une forêt équatoriale unique en son genre.